De la Conquête anglaise aux Patriotes de 1837-38 et au Rapport Durham, de la Confédération à Marius Barbeau, ce folkloriste au service du gouvernement fédéral, et même jusqu’aux « accommodements raisonnables » et au rapport Bouchard-Taylor, il s’est constamment effectué une invention de la tradition québécoise. Un Québec folklorique est donc apparu : parfois dominé, quelquefois sur le bord de sa libération économique et politique, mais jamais jusqu’à cette indépendance nationale seule susceptible de clarifier les choses. Serons-nous constamment piégés par le folklore et les images passéistes de notre histoire? Pourrons-nous créer un jour un projet d’invention de la tradition québécoise qui deviendrait porteur du projet d’indépendance nationale?